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FAMILLES DE NOS VILLAGES

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  • Vieux métiers 1
      Georgette Roussel , étude faite en 2004    Parler des vieux métiers, exposer des photos des outils anciens, faire des démonstrations de savoir-faire est très à la mode.          C’est...
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(Photo d'avant la guerre de 14, puisque le château est en place-1908-d'après le timbre)

 

 

  

      _Historique-de-Sornéville par Gérard.Griffaton_


       (D'apres LEPAGE  HISTORIEN DE LA lORRAINE 1814 - 1887 :_Sourneville en 1284 _ Soirneville  _ Soineville  _ Soinneville en 1425 _ Sonneville en 1477 _ Sorneville villa  _Sornainville au 18 éme siècle _ Sornéville au 20 éme siècle 


                                       _Un village Lorrain au XVIII siècle_
               
                                 

              _ .21988.  Visiteurs. pour .  79035. pages vues._

                                                                 

 

Bonjour , bienvenue sur ce site.

*****Je suis né en 1944, j'ai passé les vingt deux premières années de ma vie à Sornéville, je n'ai jamais été capable de couper le "cordon" avec ce lieu et ses habitants et encore moins depuis que l'heure de la retraite a sonné.
*****J'ai vécu une jeunesse absolument fabuleuse, (« d'enfant gâté pourri ») tout à fait hors du commun dans notre village. C'est sans doute pour cette raison que je souhaite, aujourd'hui, écrire ces "mémoires."
*****Je voudrais rassembler un maximum de documents, photos, anecdotes et surtout témoignages sur la vie à Sornéville, d'hier et d'aujourd'hui. Les thèmes traités seraient divers et variés, sans limite pour l'instant.
*****Sujets : Le village, le château, l'église, la mairie, l'école, les habitations, les fermes, le maire, le curé, l'instituteur, les gens, les métiers, les artisans, les machines, les outils. Le parlé, le patois, les guerres et le maquis, les familles juives embarquées en 1943, les animaux, les villages environnants.

          l'émigration des Lorrains vers le BANAT en 1770
*****Nous avons la chance de posséder, des écrits de B. NOEL, Paul Gallier, René Dehant, Camille Génin et de Renée Tailleur qui retracent si bien le passé du "patelin" de notre enfance.
*****Pour la période 1920 et plus, nous avons des témoins de cette époque, il faut donc en profiter.
*****J'espère vivement, que nous arriverons, ensemble, à enrichir sans cesse cette première ébauche et pour celà , je compte sur vous !
*****Bien amicalement. Gérard Griffaton

 

          Généalogie : Famille de SORNEVILLE :  recomposition des familles sous le "couvert" de l'association "familles de nos villages"

 

 Contact : en haut à gauche et tout en bas de chaque page 

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                        Table des matières


*****Je vous recommande de bien vouloir vous reporter à la table des matières ci-dessous regroupant les divers sujets, de choisir ceux qui vous intéressent dans la colonne catégories, située à gauche de cette page, puis de cliquer sur le numéro de l'article correspondant à votre choix. Bonne navigation ! Dans l'histoire "du plus beau village du monde""

*****l'histoire de notre vieux village est particulièrement bien d'écrite par B.O.E. NOEL dans la catégorie un village Lorrain au 18 éme siècle (passage un peu oublié des lecteurs) pour ma part, je vous recommande ce résumé (en 29 pages) ou tout au moins la première partie.

 *****Habitants de Bezange la grande et de Sornéville: A tout ceux qui ont bien connu le père Waguette, curè de Bezange la grande et de Sornéville, ne manquez pas de lire " mémoires du père Waguette".
""Un curé, mais d'abord un homme tout à fait exceptionnel"".
  (Mars 2009, je viens de terminer l'historique du père Waguette en diaporama Powerpoint. Il est à la disposition de celui qui en fait la demande.)

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                Table des matières  

Modules pages

 50 catégories - 164 articles - 7 modules pages - 31 liens esternes

 Pages :  _1_ Généalogie  _2 _Curriculum vitae _1 _Message d'accueil_2_ Table des matières_3_Généalogie_4_Les mirabelles de Lorraine_5_Commentaires et visites

Modules catégories

=Sornéville historique : _1_Précisions avant lecture_ 2_Origine du village _3_La pierre levée _4_Le traité de Francfort _5_Le château des Sarrazins

=Ancien village (plan)

=Les Seigneurs de Sornéville

 

=Village Lorrain au XIII éme siècle (première partie -8 articles)

1_Préface _2_ mœurs et coutumes villageoises_ 3_Ecole presbytère_4_ Une famille de paysans_5_ Le père François_6_ Les enfants de Jaques Aubry_7_ Une chasse au bois de faux_8_ Voyage à Lunéville

 

=Village Lorrain au XIII éme siècle (deuxième partie – 19 articles)

_1_Deuil, choix d'une carrière_2_Anthoine soldat -3__ Jean Joseph se prépare aux fonctions de régent _4_ Faute grave _5_ Catherine Prèdelot _6_ Retour du coupable  _7_ Résultat d'un mauvais coup _8_ Devant le Seigneur justicier _9_ Départ de Jean  _10_  La guerre de sept ans _11_ Combat de Hoya _12_ Après le combat de Hoya  _13_ Jean Aubry devient officier _14_ Détails rétrospectifs des événements locaux _15_ Une noce au village  _16_ La terre de Sornéville change de maître _17_ Jean Aubry achève sa carriére militaire  _ 18_Retour au village _19_ Appendice

 

=La population, les habitants : _1_ La population au fil du temps _2_ Personnages album un _3_ Personnages album deux _4_ Personnalités issues du village _5_ Quelques distinctions _6_ La peste au village

= Familles de notre village

 =L’école : _1_ L'école _2_ Travaux d'écoliers

 =Mairie :_1_ Les Maires: _2_ texte de François Madru

=L’église :

=Le château

=Le monument aux Morts :

=Le cimetière :

=Cimetière, nos soldats :

 =Honneur au vieux soldat

=Nécrologie acte un :

=Nécrologie acte deux :

 

=Guerre de 14-18 : _1 _ guerre 14-18 _2_ Images _ 3_ Fausse mobilisation

=Guerre de 39-45 : _1_ La libération de Sornéville 1944 _2_ Une forteresse Américaine explose en vol _ 3_ un avion Allemand est abattu _4_ Divers guerre de 39-45 _5_Anecdote :

= Général Patton :

=Poèmes de captivité _1_ chapitre un _2_"chapitre deux"

=Familles Juives embarquées en 1944 :

=Maquis de Ranzey: _1_Le maquis de Ranzey _2_ Obsèques du docteur De Miscault _3_ inauguration de la plaque commémorative _ Commémoration 2008 _ Commémoration 2010

=Procession de la Vierge au manteau de bon secours  

=Autrefois : _1_ Personnages d'autrefois, le conseil _2_ La fenaison _3_ La moisson _4_ Allons aux bois _5_ C'est la fête ! _6_le battage

=Métiers anciens : 1_ metiers anciens par Georgette Roussel _2_ la suite page  _3_ liste des métiers d'après les registres _4_ Le charron _5_Le matériel _6_ petits outillages _7_ Le maréchal ferrant

 =Le berger, la vaine pâture

=LE Garde Champêtre

=Album photos : _1_ Illustrations, la vie de nos villages _2_ Avant, après _3_ La vie de nos villages 1900 _4_ Images d'aujourd'hui _5_ Images après 1950

=Cartes postales : -1-cartes Un _2_ cartes deux

=NANCY : _ 1_Nancy 2000_2_ Nancy 1900

=Bezange la Grande : _1_ Bezange le village _2_ Bezange l'église _3_prieuré de Sainte Marie _4_ Saint Roch

=Les curés :

= Le père Waguette : _1_ Hommage au père Waguette _2_ Anecdote

= Patois Emile Martin : _1_ la mort du coq de Sornéville _2_ le curé Waguette, son dernier miracle _3_ traduction

= Doléances au Roy :

= Lorrains émigrés au Banat : émigration _2_ photos des villages concernés _3_ généalogie

= Deux filles de l’ancien maire assassinées :

=Une noce au village

= Anecdote Louis XIV

= Les animaux : _1_ les chevaux _2_ animaux de la ferme _3_ animaux sauvages _4_ les oiseaux.

= La pomme de terre

= Recettes de Mère-Grand

=Dictons de nos villages

= Une chasse au bois de faux

= Sujets divers : _1_Chantez maintenant _2_ les Présidents _3_ Les billets _4_ Les timbres _5_ Origine d’un peintre Breton _6_ foire à VIC _7_ Pose d’une citerne en réserve d’eau _8_ Société de tir _9_ fermeture du dernier commerce _10_ une cloche en OR _11_ anecdotes et coutumes.

=Expréssions :

= Lieux-dits

=Foires et Lieux de pélerinage:_Pélerinage à Sion _1_ Pélerinage à Sainte Marie de la Grande Bezange _2_Pélerinage à Saint Nicolas de Port _3_ Pélerinage à Saint Roch ( Commune de Chambrey) _4_
=Les villages environnants: _1_ Arracourt _2_ Bezange la grande - _3_ photos autres _4_ Mazerulles _5_ Champenoux _6_ Serres _7_ Hoéville _8_ Moncel sur Seille _9_ Réméréville _10_ Erbéviller sur Amezule _11_Courbesseaux

=Les chiens : _1_ Ma passion _2_ L'histoire de Roland

=Bibliographie :


        

 

*****  En fin de page, je vous recommande la lecture de deux lettres de Paulette Mayer déportée lors de cette rafle. Décédée à Auchwitz transcription du 20/4/1949 . 

   

******Familles juives habitants Sornéville "embarquées "par les Allemands le deux mars de l'année 1944.

    2011-10-07 075121
Source : d'après Michel Gallier, Anne Marie Génin et Bernadette Génin   . (Ce qui suit n’est que le récit "succinct " de ce que j'ai entendu, que je compléterai volontiers au fur et à mesure de mes recherches ou d'affirmations de nouveaux témoins)

Il y avait des membres de CINQ familles juives au village, presque tout le monde est parti dans ce maudit véhicule, Anne Marie Bousch (née Génin) et Bernadette s'en rappellent très bien, Michel Gallier aussi (Michel est la mémoire vivante de ce village).
   
    Tous les droits reservés et protégés

 Une demoiselle "Moise", 25 ans environ, institutrice au village,. Les Allemands lui interdisant d'enseigner parce qu'elle était d'origine Juive. Elle vivait chez ses parents, cette famille habitait en face la mairie école (maison Colette Morville) puis par la suite, en haut du village (maison Jean Pierre Martin). Mademoiselle Moise "présentait" qu'on allait venir, un jour, chercher toute la famille et se doutait probablement aussi que personne ne reviendrait, elle aurait pu fuir, elle ne l'a sans doute pas fait pour ne pas abandonner ses parents (source Michel Gallier). Certains enfants du village allaient suivre des cours (du soir) auprès de cette jeune institutrice (exemple Anne Marie Génin et Michel Gallier mais aussi les enfants Gérome). Cette famille ne reviendra pas.  . ""Les Moise"" avaient une deuxième fille qui avait quitté la France pour l'Amérique juste avant la guerre. 


           Une Famille "Kann"qui habitait dans la (maison Poirot) à côté de la laiterie Keller, au virage de la route de Moncel, une grand-mère habitait avec eux. La vieille Dame a été "embarquée" ce jour là. Monsieur Kann était à l'hôpital à Nancy pour y subir une opération (probablement d'une hernie) madame Kann était à son chevet, c'est sans doute pour cette raison, qu'ils échapperont tous les deux à l'ennemi, ils ne reviendront pas au village (ils s'enfuiront probablement vers la France libre). La vieille Dame, elle, ne reviendra pas.

Une famille "Bernard" qui habitait dans la maison (Georges Mathieu) avec deux enfants, une vieille tante vivait avec eux. Les parents et la vieille tante ont été embarqués dans ce convoi, ils ne reviendront pas. Un des fils n'était pas là, il avait été "réquisitionné" et travaillait aux chantiers de l'atlantique, il a sans doute réussi à cacher ses origines, son nom l'a probablement bien aidé, il échappera au désastre. Le deuxième fils travaillait aux champs ce jour là (en haut du grand viller) Gilbert Durand  ainsi que Paul Germain sont allés le prévenir de la" rafle" des Allemands au village, il s'est sauvé vers les bois et ensuite vers le village voisin, Erbéviller sur Amezule, là, la famille Colin l'aurait aidé à se cacher. Le soir il était revenu à Sornéville, il est allé voir le laitier, Monsieur Fillet, qui était un membre incontournable du maquis de Ranzey. Il est probable que c'est monsieur Fillet qui l'a aidé à fuir et à se protéger en le dirigeant vers un maquis de la région (source Michel Gallier qui a vu le fils Bernard chez le laitier). Les Allemands avaient promis de le rechercher vivement. Il s'en est heureusement sorti. 

Une famille Meyer ou Mayer qui habitait chez (Gellenoncourt - Drouin – Ognof), avec deux enfants, une fille Paulette et un fils Claude. Anne Marie dit entendre encore le fils pleurer en montant dans le bus.  Ils ne reviendront pas .   Une famille du village (Gellenoncourt) s'était proposée pour prendre les enfants en charge, ce fut peine perdue.
          D'après Bernadette, toute jeune témoin, les habitants de Sornéville ont bien essayé de s'interposer (à hauteur de la maison Germain au croisement de la route de Bezange Moncel) et d'empêcher cette rafle, mais en vain.

Sur les listes, On retrouve les traces de la mort de ses pauvres gens dans les camps  (sauf celle de CLAUDE MEYER espèrons qu'il en soit sorti)

 

Sur cette photo du 9 octobre 1941 on peut voir Monsieur Samuel et Madame Rose Mayer sur la droite lors d'une journée de vendange

 à gauche famille Dehant , Charles et Camille , la petite fille Christiane  à l'arrière.

Cette photo a été envoyé d'un camp Allemand, elle porte le tampon ""Geprüft"" approuvé

  9-octobre-1941-Mayer.jpg

******* Au bas de cette page vous trouverez deux lettres de Paulette Mayer écrites en déportation début de l'année 1945.

             
              Je ne peux éviter de vous parler du" cas" de la petite Denise de l'époque, qui était elle aussi d'origine juive par sa Maman (Joseph).
          Denise avait la chance de porter le nom de son Papa qui n'avait rien d'un nom Juif Everlé (fondateur de la miroiterie de l'est à Nancy), d'être hébergée, depuis quelques années déjà, très à l'écart du centre du village, chez deux vieilles Dames bien discrètes, Julie Robert et Adeline Morcq (sœur de Julie) .
       La guerre arriva, à la vue des menaces sur les familles juives, sur initiative de mon père et de Charles Michel, Denise fut baptisée pour tromper l'ennemi le 22 décembre 1940 (certificat de Baptême en ma possession) Gérard Michel le fils du maire Charles Michel fut désigné comme parrain et ma sœur Marie comme marraine. 
            Denise a été heureusement épargnée par cette rafle de 43, ce qui n'a pas empêché Julie et Adeline de trembler pour elle, trop souvent, elles avaient toujours peur que les Allemands lui fassent du mal d'autant plus que ceux-ci étaient (les chefs surtout) basés à la ferme Michel, mitoyenne de la maison d'Adeline et de Julie.  
             De ce que j'ai entendu de mes propres oreilles, durant ma jeunesse, un certain nombre de personnes sont intervenus, sobrement, discrètement et dignement pour protéger cette petite fille . Un d'entre eux était mon père, c'est certain, il en était d'ailleurs très fier.      
           C'est sans aucun doute pour cette raison que monsieur Everlé, le papa de Denise, portait une grande admiration et une profonde reconnaissance à Henri Griffaton, j'en suis le témoin direct et j'en ai moi même probablement beaucoup ""profité "" par la suite.

          Il faut dire aussi, que peu de gens connaissaient les origines de cette petite fille car, dès le début de la guerre, une ""barrière de discrétion pratiquement infranchissable"" c'était formée autour d'elle comme pour la protéger. (protection des familles Griffaton, du maire Mr Charles Michel et de sa famille, famille Robert, famille Morq, du père Frey le curé du village, de l'instituteur monsieur Didier (qui adorait la petite Denise) et de toutes ses amis au village. Durant ces années de guerre, cette petite fille n'a pas été consciente des risques qu’elle encourait et de ce qui ce passait autour d'elle et c'était évidemment bien mieux comme cela. Elle m'a confirmé cet état de fait par la suite. Denyse vit en Amérique, en Californie, je l'ai "retrouvé" en Juillet 2005 et je corresponds régulièrement avec elle. 
         Durant toute la première période de ma jeunesse au village, j'ai entendu parler de Denise Everlé, par mes parents, mes sœurs, par Julie (décédée 1950 ou 51) et surtout par Adeline puisque j'ai moi même été ""élevé "" , tout comme Denise, par ces deux vieilles femmes adorables, leur modeste demeure était notre petit Paradis. Pour ces deux personnes la petite Denise avait toute les qualités du monde bien sûr (à en être un peu jaloux...moi même, je m'en rappelle très bien).
         Par la suite, en 1962, grâce à un simple concours de circonstances, le papa de Denise m'a embauché dans son entreprise (Miroiterie de l'EST). Au fil des mois et des années, il m'a très souvent parlé de sa fille et de ses années passées dans notre village, toutes les occasions étaient bonnes pour me convoquer à son bureau afin de pouvoir parler de Sornéville, de Denise, des gens du village, sans jamais oublier quelques mots chaleureux pour mon père. 
         Je pense aujourd'hui avec tout le recul qu'il convient que Marcel Everlé a souhaité "me rendre à sa manière" ce que mon père avait fait pour sa fille à l'époque.
          Comme Denise le sait, j'ai été très peiné de ne pas l'avoir rencontré lors de sa visite en France en 1977, ma sœur Nicole m'avait pourtant prévenu de sa présence à Sornéville, mais j'espère toujours...


          Trop tard , je ne verrai jamais Denise elle vient de décéder ce 6 janvier 2010 des suites du diabète.

Anecdote de ce moment: ses amies se souviennent que Denise leur donnait des bonbons (petits cachous) que sa maman lui envoyait depuis la France libre.

 Adeline et Denise 1939

 

 

 Début de la guerre : DENISE à droite avec les trois filles Griffaton

                                                                                  

   CONFIRMATION: Michel Colin le 28 janvier 2006. Michel (né en 1926) me confirme que le fils Bernard du prénom d'Alfred a bien été caché par sa famille ce jour là, que Gilbert Durand de Sornéville est venu le rechercher le soir même. Me dit que ce jeune homme est venu les remercier après la guerre et qu'ils ont bu le champagne ensemble.  
                         Gilbert Durant me confirme aussi les faits lors d'une rencontre .

                         2010. Anne Marie me confirme qu'une famille du village s'était proposée pour prendre les enfants Meyer Paulette et Claude en charge. 
                          Bernadette me confirme que des gens du village ont bien essayé de s'interposer pour empêcher cette
rafle, mais en vain….

 

      

Les documents qui suivent sont protégés de droit par les familles Génin et Germain.

Déportation : Lettre de Paulette Mayer ou Meyer (16 ans en 1945) déportée en mars 1944 au départ de Sornéville

___ lettre à un habitant de notre village ( peut être Camille Génin ??)

 

 Transcription du 14 février 1949 pour Samuel le papa et du 20 averil 1949 pour la petite Paulette GGGGGGGGGGGGGGGGGGCapture01.jpg

Dimanche le 28 janvier 1945,

 

Copie mot à mot, rien n’est modifié, sans aucune correction, par simple respect à la mémoire de Paulette Mayer:

 

Description de ma vie depuis mon arrestation du 2 mars 1944 jusqu’à cette date inscrite en haut de cette page.

Le deux mars 1944 à 2h de l’après-midi ce sont présenté chez nous quatre soldats Allemands qui nous ont dit préparez votre valise dans une heure nous viendrons vous chercher. Toute la maison était affolée, nous étions découragés.

 Il fallait même que les voisins nous aident à faire les valises, au bout d’une heure, ils sont revenus devant notre maison avec un beau car et nous ont embarqués ainsi que d’autres familles JUIVES de notre village. Tous les voisins ont pleuré, ils étaient désolés. Les beaux mandrins nous ont emmenées jusque Ecrouves, là, nous avons passé la nuit dans une pièce gardée par des gardiens, puis le lendemain ils nous ont séparés dans différents bâtiments. Les hommes d’un coté, les femmes de l’autre, nous étions trente personnes dans une chambre, couchées dans des lits de soldat. Tous les matins l’appel avait lieu à 8h ½ puis peu après c’était le café, à midi nous avions de la soupe, c’était rutabagas – carottes. Le dimanche c’était des pâtes et les soirs c’était carottes rutabagas et tous les deux jours avons reçu ¼ de litre de vin par personne. Les enfants avaient en plus leur ¼ de lait, purée ou pâtes avec deux morceaux de sucre, la ration de pain était suffisante. Nous touchions encore du sucre de la marmolade et du beurre. Tous les dimanches, nous avions un morceau de viande chacun, en plus de ça, nous avions droit à deux colis et deux lettres par personne.

Tous les deus jours, les gardiens nous emmenaient dans une grande cour ou nous pouvions voir les hommes pendant une heure.

Cela dura un mois, le deux avril au matin, l’ordre arrive d’emballer nos affaires que nous sommes obligés de quitter pour destination inconnue. Chacun prit sa couverture, sa valise et nous sommes montés dans les cars jusqu’à la gare ou ils nous ont débarqué et réembarqué dan des wagons à bestiaux, couchés sur la paille. Nous avons voyagé pendant trois jours et deux nuits ; enfin arrivé à destination, c’était Drancy. Nous sommes rentrés avec le car qui a été nous chercher à la gare dans une grande cour ou tout autour se trouvait un immense bâtiment dans lequel les gens devaient loger, mais avant d’entrer dans ces bâtiments, il fallait passer à la fouille ou ils nous prenaient de l’argent. Une fois passé la fouille, nous sommes montés dans les chambres. Tous les matins à sept heures, c’était l’appel, puis arrivait le café. Il y avait aussi des travaux par exemple les femmes étaient prises pour les peluches, d’autres pour tenir les blocs en ordre. Les hommes allaient travailler avec la pelle et la pioche. A midi c’était le diner avec une bonne soupe, avec des légumes dedans, autant qu’on voulait, puis marmolade sucre ou beurre. Le dimanche nous avions notre morceau de viande et tous les deux jours ¼ de vin. Les enfants jusqu’à douze ans allaient manger au réfectoire ou ils recevaient pour les tout petits du lait puis une bouillie, pour les autres café au lait puis une bouillie, du gâteau. Même là-bas était tout le confort, il y avait un hôpital pour les malades, une pharmacie, atelier de couture, blanchisserie et le dimanche nous avons eu du théâtre.

Malheureusement ça n’a pas duré, au bout de dix jours, on vient nous dire, demain jeudi notre déportation pour le voyage. Ils nous avaient donné à chacun, un pain, de la viande, margarine, pain d’épices, gâteau miel et une petite bouteille de jus de citron et a chacun, un sac pour mettre ce ravitaillement, le lendemain nous avons mis nos bagages tous sur un tas avec notre nom sur étiquettes car ils devaient partir dans d’autres wagons. Avant nous avions été trop encombré avec tous nos bagages. Ils nous ont fait sortir à notre tour des escaliers et nous ont rangé par 60 pour pouvoir nous compter, puis des cars sont venus nous chercher et nous ont emmené jusqu’à la gare, puis nous ont débarqué et une « bougie » dans ces fameux wagons à bestiaux dont j’en avais gardé le souvenir. Enfin nous entrons les 60 dans le wagon ou dans le parterre se trouvait de la paille. Pendant tout le voyage nous avons eu très chaud et très soif, il ne s’arrêtait pas souvent. Pour nos besoins, nous avions un sceau au milieu du wagon. Le voyage dura trois jours. Puis arrivé à notre belle destination, c’était la haute Silésie.

Lorsque nous descendons du wagon, se trouvait déjà des jeunes prisonniers, l’habit à rayures et un Allemand qui séparait les familles, les jeunes marchaient à pied les plus âgés en camion. D’un autre coté. C’est ainsi que j’ai été séparé de mes parent, pour les hommes et les femmes c’était la même chose. Ils nous ont défendu de prendre aucun paquet avec nous, cet Allemand nous à fait ranger 6 par 6 et nous a conduit dans une baraque ou nous avons passé la nuit couché sur de la pierre. Le lendemain nous avons passé au tatouage, c'est-à-dire qu’ils nous marquaient notre numéro sur le bras et nous ont inscrit. Puis quand tout le monde était tatoué, nous avons été à la « « Zaouner » » il fallait donner tout ses habits, se déshabiller toute nue, puis ils nous ont fait le contrôle des poux. A celles qu’ils ont trouvés quelques poux était rasées. Puis nous sommes allées sous les douches sans savon ni serviette, de la nous sommes allés dans une pièce froide toute mouillée nous étions encore là, elles nous distribuèrent des habits affreux, moi j’ai eu une vieille culotte de grand-mère, un vieux tricot pour chemise, un petit pull-over à trou, un gilet sans bouton, une jupe trop large et trop longue et des souliers à haut talons.

Quand tout le monde était habillé nous sommes conduits dans un bloc de quarantaine, c'est-à-dire un bloc ou nous avons restées un moment sans travailler. Nous avons été nourri affreusement le matin un thé infecte, à midi une gamelle de soupe de 2 litres pour trois, le pire de tout nous n’avions pas de cuillère et le soir après l’appel nous recevions dans les cellules ou nous dormions à 5 avec peu de couvertures une ration de pain (un pain pour quatre) avec un morceau de margarine, une cuillère de marmolade ou une rondelle de saucisson. Tous les dimanches nous allions aux douches, c’était aussi le contrôle des poux. Puis la quarantaine finie nous avons changé de loge et sommes allées dans les blocs de travail, moi j’ai été prise pour travailler dehors tous les jours, nous sortions une équipe de cent avec deux surveillants, nous passions devant la maison ou se trouvait tous les Allemands, c’était toujours par cinq et au pas. On entendait bonjour ce « linx » puis arrivé à notre travail qui se trouvait peut être à deux 2 km. Quand nous commencions il était 7 heures, ce travail consistait à construire une route, les unes posaient les pierres, les autres creusaient les fossés, les autres apportaient le sable sur wagonnet. Puis à midi la capo sifflait, tout le monde allait s’aligner près de sa baraque et nous distribuaient notre soupe, nous allions nous allonger sur l’herbe et à une heure la capo donnait le coup de sifflet tout le monde se lever et aller de nouveau travailler ainsi jusqu’à 5 heures. La capo comme toujours donne son coup de sifflet et toutes les filles du commando allaient s’aligner 5 par 5 et nous retournions au bloc. Le soir était comme le matin il fallait passer cette maison à coté se trouvait  « …… »  Qui accompagnait le pas. Puis arrivées devant le bloc, il fallait de nouveau se mettre 5 par 5 pour l’appel, après l’appel nous recevions le pain, le café puis on rentrait dans les « «  evllrue ? » » et allions nous coucher. Le lendemain à 4 heures du matin, la cloche sonnait, c’était l’heure de se lever, puis quelques unes étaient prises pour aller chercher le café après nous sortions à l’appel et vers 6 h la capo venait de nouveau chercher ses gens, mais comme nous travaillons nous recevions le « « sous bouges ?? » » 2 fois par semaine c'est-à-dire 1/3 de pain avec un gros morceau de saucisson. 3   6 mois tous les jours sauf le dimanche ou nous allions aux douches le soir, puis nous lavions notre linge, puis nous profitions pour voir des amis, puis nous allions nous coucher.

Mais cette fois je suis tombée malade et je suis rentré au « « renier ou revier » » j’y suis resté une semaine, puis l’on m’a envoyé dans un bloc de transport. Jamais je n’ai été accepté pour aucun transport dont la destination était pour l’Allemagne et moi j’aurais tant aimée partir enfin. J’étais tellement désolée de ne pouvoir partir que je suis rentré au « «  renier ou revier » ». Malgré ça j’avais une bronchite c’était le 20 novembre 44 que je suis rentrée, nous avons encore fêté NOEL au « « renier ou revier » », la Saint Silvestre la nouvelle année. Vers le 15 vient dire à tout le monde Debout, nous nous habillons avec nos habits que nous avons reçu, puis quand tout le monde était sur la route, il dit, celui qui se sent capable de faire 30 à 40 km par jour (……passage blanc) nous viendrons les chercher en wagon. Les autres retournaient puis il commencent le triage, moi je suis retourné ainsi que beaucoup d’autres, puis il partit avec les autres à 120 km.

Celles qui sont retournées, il n’est pas revenu les chercher en wagon. Puis quelques jours plus tard on nous annonce l’approche des Russes, déjà les Allemands s’enfuyaient et tous les gens allèrent dans les baraques des Allemands où ils trouvaient des vins de toute sorte.

Puis deux jours avant l’arrivée des Russes, un boche est allé partout dire tout les Juifs, que s’il trouvait un juif dans un bloc il y mettrait le feu. Mais je suis vite enfuie dans un bloc vide pour me cacher.

 

 

Deuxième message de Paulette Mayer : Copie mot à mot, rien n’est modifié, sans aucune correction, par simple respect à la mémoire de Paulette Mayer:

 

 

(Lettre à une famille de notre village)

 

Après un an d’emprisonnement dans un camp terrible sans avoir aucune nouvelle de notre chère France nous voici enfin libérée des mains des Allemands qui nous ont fait terriblement souffrir et travailler à la façon des forçats. Dès notre arrivée j’ai été séparée de toute ma famille je suis restée seule avec ma cousine Alice qui par la suite est partie en transport. Après de longues heures quelle joie de se sentir libre fini les longs et terribles appels matin et soir par tout les temps. Combien ce sont laisser aller au découragement et sont mortes ainsi, moi je me disais je veux revoir la France et ceux qui me sont cher.

Je vous espère en bonne santé moi « …. » que un peu affaiblie ma santé est assez bonne.

  

 Transcription du 20 avril 1949 

 

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Citation:
_Notre village natal
est toujours le plus
beau village du
monde...
Citation:
_La mémoire est
l'avenir du passé
_Citation:
_Qui ne connaît
pas le passé, ne
comprendra pas
l'avenir
Citation:
_Il ne faut jamais
oublier ses souvenirs

Citation :

Un homme sans mémoire

 de son passé
est comme un homme

 sans racine.
Notre devise:
_Tout faire pour
que l'histoire de
notre village puisse
continuer à s'écrire..
_Rassembler les
souvenirs pour que
les générations à
venir comprennent
et n'oublient pas

citation:

Toute idée humaine

qui prend le passé

pour racine,

a pour feuillage l'avenir

proverbe Chinois

Oublier ces ancêtres,

c'est être un ruisseau sans source,



 

 

 

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