***** En fin de page, je vous recommande la lecture de deux lettres de Paulette Mayer
déportée lors de cette rafle. Décédée à Auchwitz transcription du 20/4/1949 .
******Familles juives habitants Sornéville "embarquées "par les Allemands le deux mars de l'année
1944.

Source : d'après Michel Gallier, Anne Marie Génin et Bernadette Génin . (Ce qui suit n’est que le récit "succinct " de ce que j'ai entendu, que je compléterai volontiers au fur et à mesure de mes recherches ou d'affirmations
de nouveaux témoins)
Il y avait des membres de CINQ familles juives au village, presque tout le monde est parti
dans ce maudit véhicule, Anne Marie Bousch (née Génin) et Bernadette s'en rappellent très bien, Michel Gallier aussi (Michel est la mémoire vivante de ce village).
Tous les
droits reservés et protégés
Une demoiselle "Moise", 25 ans environ, institutrice au village,. Les Allemands lui interdisant d'enseigner parce qu'elle était
d'origine Juive. Elle vivait chez ses parents, cette famille habitait en face la mairie école (maison Colette Morville) puis par la suite, en haut du village (maison Jean Pierre Martin).
Mademoiselle Moise "présentait" qu'on allait venir, un jour, chercher toute la famille et se doutait probablement aussi que personne ne reviendrait, elle aurait pu fuir, elle ne
l'a sans doute pas fait pour ne pas abandonner ses parents (source Michel Gallier). Certains enfants du village allaient suivre des cours (du soir) auprès de cette jeune institutrice (exemple
Anne Marie Génin et Michel Gallier mais aussi les enfants Gérome). Cette famille ne reviendra pas. . ""Les Moise""
avaient une deuxième fille qui avait quitté la France pour l'Amérique juste avant la guerre.
Une Famille "Kann"qui habitait dans la (maison Poirot) à côté de la laiterie Keller, au virage de la route de Moncel, une grand-mère habitait avec eux. La vieille Dame a été "embarquée" ce jour
là. Monsieur Kann était à l'hôpital à Nancy pour y subir une opération (probablement d'une hernie) madame Kann était à son chevet, c'est sans doute pour cette raison, qu'ils échapperont tous les deux à l'ennemi, ils ne reviendront pas au village (ils s'enfuiront probablement vers la France libre). La vieille Dame, elle, ne reviendra pas.
Une famille
"Bernard" qui habitait dans la maison (Georges Mathieu) avec deux enfants, une vieille tante vivait avec eux. Les parents et la
vieille tante ont été embarqués dans ce convoi, ils ne reviendront pas. Un des fils n'était pas là, il avait été "réquisitionné" et travaillait aux chantiers de l'atlantique, il a sans doute réussi à cacher ses origines, son nom l'a
probablement bien aidé, il échappera au désastre. Le deuxième fils travaillait aux champs ce jour là (en haut du grand viller) Gilbert Durand ainsi que Paul Germain sont allés le
prévenir de la" rafle" des Allemands au village, il s'est sauvé vers les bois et ensuite vers le village voisin, Erbéviller sur Amezule, là, la famille Colin l'aurait aidé à se
cacher. Le soir il était revenu à Sornéville, il est allé voir le laitier, Monsieur Fillet, qui était un membre incontournable du maquis de Ranzey. Il est
probable que c'est monsieur Fillet qui l'a aidé à fuir et à se protéger en le dirigeant vers un maquis de la région (source Michel Gallier qui a vu le fils Bernard chez le laitier). Les
Allemands avaient promis de le rechercher vivement. Il s'en est heureusement sorti.
Une famille
Meyer ou Mayer qui habitait chez (Gellenoncourt - Drouin – Ognof), avec deux enfants, une fille Paulette et un fils Claude. Anne Marie dit entendre encore le fils
pleurer en montant dans le bus. Ils ne reviendront pas . Une famille du village (Gellenoncourt) s'était proposée pour prendre les enfants en
charge, ce fut peine perdue.
D'après Bernadette, toute jeune témoin, les habitants de Sornéville ont bien essayé de s'interposer (à hauteur de
la maison Germain au croisement de la route de Bezange Moncel) et d'empêcher cette rafle, mais en vain.
Sur les listes, On retrouve les traces de la mort de ses pauvres gens dans les camps (sauf celle de
CLAUDE MEYER espèrons qu'il en soit sorti)
Sur cette photo du 9 octobre 1941 on peut voir Monsieur Samuel et
Madame Rose Mayer sur la droite lors d'une journée de vendange
à gauche famille Dehant , Charles et Camille , la
petite fille Christiane à l'arrière.
Cette photo a été envoyé d'un camp Allemand, elle porte le tampon ""Geprüft""
approuvé
******* Au bas de cette page vous trouverez deux lettres de Paulette Mayer écrites en déportation début de l'année
1945.
Je ne peux éviter de vous parler du" cas" de la petite Denise de l'époque, qui était elle aussi d'origine juive par sa Maman
(Joseph).
Denise avait la chance de porter le nom de son Papa qui n'avait rien d'un nom Juif
Everlé (fondateur de la miroiterie de l'est à Nancy),
d'être hébergée, depuis quelques années déjà, très à l'écart du centre du village, chez deux vieilles Dames bien discrètes, Julie Robert et
Adeline Morcq (sœur de Julie) .
La guerre arriva, à la vue des menaces sur les familles juives, sur initiative
de mon père et de Charles Michel, Denise fut baptisée pour tromper l'ennemi le 22 décembre 1940 (certificat de Baptême en ma possession) Gérard Michel le fils du maire Charles
Michel fut désigné comme parrain et ma sœur Marie comme marraine.
Denise a été heureusement épargnée par cette rafle de
43, ce qui n'a pas empêché Julie et Adeline de trembler pour elle, trop souvent, elles avaient toujours peur que les Allemands lui fassent du mal d'autant plus que ceux-ci étaient
(les chefs surtout) basés à la ferme Michel, mitoyenne de la maison d'Adeline et de
Julie.
De ce que j'ai entendu de mes propres oreilles, durant ma jeunesse, un certain nombre de personnes sont intervenus, sobrement, discrètement et dignement pour protéger cette
petite fille . Un d'entre eux était mon père, c'est certain, il en était d'ailleurs très fier.
C'est sans aucun doute pour cette raison que monsieur
Everlé, le papa de Denise, portait une grande admiration et une profonde reconnaissance à Henri Griffaton, j'en suis le témoin direct et j'en ai moi même probablement beaucoup ""profité "" par la
suite.
Il faut dire aussi, que peu de gens connaissaient les origines de cette petite fille car, dès le début de la
guerre, une ""barrière de discrétion pratiquement infranchissable"" c'était formée autour d'elle comme pour la protéger. (protection des familles Griffaton, du maire Mr Charles Michel et de sa famille, famille Robert, famille Morq, du père Frey le curé du village, de l'instituteur monsieur Didier (qui adorait la
petite Denise) et de toutes ses amis au village. Durant ces années de guerre, cette petite fille n'a pas été consciente des risques qu’elle encourait et de ce qui ce passait autour
d'elle et c'était évidemment bien mieux comme cela. Elle m'a confirmé cet état de fait par la suite. Denyse vit en Amérique, en Californie, je
l'ai "retrouvé" en Juillet 2005 et je corresponds régulièrement avec elle.
Durant toute la première période de
ma jeunesse au village, j'ai entendu parler de Denise Everlé, par mes parents, mes sœurs, par Julie (décédée 1950 ou 51) et surtout par Adeline puisque j'ai moi même été ""élevé "" , tout comme
Denise, par ces deux vieilles femmes adorables, leur modeste demeure était notre petit Paradis. Pour ces deux personnes la petite Denise avait toute les qualités du monde bien sûr (à en être un
peu jaloux...moi même, je m'en rappelle très bien).
Par
la suite, en 1962, grâce à un simple concours de circonstances, le papa de Denise m'a embauché dans son entreprise (Miroiterie de l'EST). Au fil des mois et des années, il m'a très souvent
parlé de sa fille et de ses années passées dans notre village, toutes les occasions étaient bonnes pour me convoquer à son bureau afin de pouvoir parler
de Sornéville, de Denise, des gens du village, sans jamais oublier quelques mots chaleureux pour mon père.
Je pense aujourd'hui avec tout le recul qu'il convient que Marcel Everlé a souhaité "me rendre à sa manière" ce que mon père
avait fait pour sa fille à l'époque.
Comme Denise le sait, j'ai été
très peiné de ne pas l'avoir rencontré lors de sa visite en France en 1977, ma sœur Nicole m'avait pourtant prévenu de sa présence à Sornéville, mais j'espère toujours...
Trop tard , je ne verrai jamais Denise elle vient de décéder ce 6 janvier 2010 des suites
du diabète.
Anecdote de ce
moment: ses amies se souviennent que Denise leur donnait des bonbons (petits cachous) que sa maman lui envoyait depuis la France
libre.
Adeline et Denise
1939
Début de la guerre : DENISE à droite avec les trois filles Griffaton
CONFIRMATION: Michel Colin le 28 janvier 2006. Michel (né en 1926) me confirme que le fils
Bernard du prénom d'Alfred a bien été caché par sa famille ce jour là, que Gilbert Durand de Sornéville est venu le rechercher le soir même. Me dit que ce jeune homme est venu les remercier après
la guerre et qu'ils ont bu le champagne ensemble.
Gilbert Durant me confirme aussi les faits
lors d'une rencontre .
2010.
Anne Marie me confirme qu'une famille du village s'était proposée pour prendre les enfants Meyer Paulette et Claude en charge.
Bernadette me confirme que des gens du
village ont bien essayé de s'interposer pour empêcher cette rafle, mais en vain….
Les documents qui suivent sont protégés
de droit par les familles Génin et Germain.
Déportation : Lettre de Paulette Mayer ou Meyer (16 ans
en 1945) déportée en mars 1944 au départ de Sornéville
___ lettre à un habitant de notre village ( peut être Camille Génin ??)
Transcription du 14 février 1949 pour Samuel le papa et du
20 averil 1949 pour la petite Paulette
Dimanche le 28 janvier 1945,
Copie mot à mot, rien n’est modifié, sans aucune correction, par simple respect à la
mémoire de Paulette Mayer:
Description de ma vie depuis mon arrestation du 2 mars 1944 jusqu’à cette date inscrite en haut de cette page.
Le deux mars 1944 à 2h de l’après-midi ce sont présenté chez nous quatre soldats Allemands qui nous ont dit préparez votre valise dans une heure nous viendrons
vous chercher. Toute la maison était affolée, nous étions découragés.
Il fallait même que les voisins nous aident à faire les valises, au bout d’une heure, ils sont revenus devant notre maison avec un beau car et nous ont
embarqués ainsi que d’autres familles JUIVES de notre village. Tous les voisins ont pleuré, ils étaient désolés. Les beaux mandrins nous ont emmenées jusque Ecrouves, là, nous avons passé la nuit
dans une pièce gardée par des gardiens, puis le lendemain ils nous ont séparés dans différents bâtiments. Les hommes d’un coté, les femmes de l’autre, nous étions trente personnes dans une
chambre, couchées dans des lits de soldat. Tous les matins l’appel avait lieu à 8h ½ puis peu après c’était le café, à midi nous avions de la soupe, c’était rutabagas – carottes. Le dimanche
c’était des pâtes et les soirs c’était carottes rutabagas et tous les deux jours avons reçu ¼ de litre de vin par personne. Les enfants avaient en plus leur ¼ de lait, purée ou pâtes avec deux
morceaux de sucre, la ration de pain était suffisante. Nous touchions encore du sucre de la marmolade et du beurre. Tous les dimanches, nous avions un morceau de viande chacun, en plus de ça,
nous avions droit à deux colis et deux lettres par personne.
Tous les deus jours, les gardiens nous emmenaient dans une grande cour ou nous pouvions voir les hommes pendant une heure.
Cela dura un mois, le deux avril au matin, l’ordre arrive d’emballer nos affaires que nous sommes obligés de quitter pour destination inconnue. Chacun prit sa
couverture, sa valise et nous sommes montés dans les cars jusqu’à la gare ou ils nous ont débarqué et réembarqué dan des wagons à bestiaux, couchés sur la paille. Nous avons voyagé pendant trois
jours et deux nuits ; enfin arrivé à destination, c’était Drancy. Nous sommes rentrés avec le car qui a été nous chercher à la gare dans une grande cour ou tout autour se trouvait un immense
bâtiment dans lequel les gens devaient loger, mais avant d’entrer dans ces bâtiments, il fallait passer à la fouille ou ils nous prenaient de l’argent. Une fois passé la fouille, nous sommes
montés dans les chambres. Tous les matins à sept heures, c’était l’appel, puis arrivait le café. Il y avait aussi des travaux par exemple les femmes étaient prises pour les peluches, d’autres
pour tenir les blocs en ordre. Les hommes allaient travailler avec la pelle et la pioche. A midi c’était le diner avec une bonne soupe, avec des légumes dedans, autant qu’on voulait, puis
marmolade sucre ou beurre. Le dimanche nous avions notre morceau de viande et tous les deux jours ¼ de vin. Les enfants jusqu’à douze ans allaient manger au réfectoire ou ils recevaient pour les
tout petits du lait puis une bouillie, pour les autres café au lait puis une bouillie, du gâteau. Même là-bas était tout le confort, il y avait un hôpital pour les malades, une pharmacie, atelier
de couture, blanchisserie et le dimanche nous avons eu du théâtre.
Malheureusement ça n’a pas duré, au bout de dix jours, on vient nous dire, demain jeudi notre déportation pour le voyage. Ils nous avaient donné à chacun, un
pain, de la viande, margarine, pain d’épices, gâteau miel et une petite bouteille de jus de citron et a chacun, un sac pour mettre ce ravitaillement, le lendemain nous avons mis nos bagages tous
sur un tas avec notre nom sur étiquettes car ils devaient partir dans d’autres wagons. Avant nous avions été trop encombré avec tous nos bagages. Ils nous ont fait sortir à notre tour des
escaliers et nous ont rangé par 60 pour pouvoir nous compter, puis des cars sont venus nous chercher et nous ont emmené jusqu’à la gare, puis nous ont débarqué et une
« bougie » dans ces fameux wagons à bestiaux dont j’en avais gardé le souvenir. Enfin nous entrons les 60 dans le wagon ou dans le parterre se trouvait de la paille.
Pendant tout le voyage nous avons eu très chaud et très soif, il ne s’arrêtait pas souvent. Pour nos besoins, nous avions un sceau au milieu du wagon. Le voyage dura trois jours. Puis arrivé à
notre belle destination, c’était la haute Silésie.
Lorsque nous descendons du wagon, se trouvait déjà des jeunes prisonniers, l’habit à rayures et un Allemand qui séparait les familles, les jeunes marchaient à
pied les plus âgés en camion. D’un autre coté. C’est ainsi que j’ai été séparé de mes parent, pour les hommes et les femmes c’était la même chose. Ils nous ont défendu de prendre aucun paquet
avec nous, cet Allemand nous à fait ranger 6 par 6 et nous a conduit dans une baraque ou nous avons passé la nuit couché sur de la pierre. Le lendemain nous avons passé au tatouage, c'est-à-dire
qu’ils nous marquaient notre numéro sur le bras et nous ont inscrit. Puis quand tout le monde était tatoué, nous avons été à la « « Zaouner » » il
fallait donner tout ses habits, se déshabiller toute nue, puis ils nous ont fait le contrôle des poux. A celles qu’ils ont trouvés quelques poux était rasées. Puis nous sommes allées sous les
douches sans savon ni serviette, de la nous sommes allés dans une pièce froide toute mouillée nous étions encore là, elles nous distribuèrent des habits affreux, moi j’ai eu une vieille culotte
de grand-mère, un vieux tricot pour chemise, un petit pull-over à trou, un gilet sans bouton, une jupe trop large et trop longue et des souliers à haut talons.
Quand tout le monde était habillé nous sommes conduits dans un bloc de quarantaine, c'est-à-dire un bloc ou nous avons restées un moment sans travailler. Nous
avons été nourri affreusement le matin un thé infecte, à midi une gamelle de soupe de 2 litres pour trois, le pire de tout nous n’avions pas de cuillère et le soir après l’appel nous recevions
dans les cellules ou nous dormions à 5 avec peu de couvertures une ration de pain (un pain pour quatre) avec un morceau de margarine, une cuillère de marmolade ou une rondelle de saucisson. Tous
les dimanches nous allions aux douches, c’était aussi le contrôle des poux. Puis la quarantaine finie nous avons changé de loge et sommes allées dans les blocs de travail, moi j’ai été prise pour
travailler dehors tous les jours, nous sortions une équipe de cent avec deux surveillants, nous passions devant la maison ou se trouvait tous les Allemands, c’était toujours par cinq et au pas.
On entendait bonjour ce « linx » puis arrivé à notre travail qui se trouvait peut être à deux 2 km. Quand nous commencions il était 7 heures, ce travail
consistait à construire une route, les unes posaient les pierres, les autres creusaient les fossés, les autres apportaient le sable sur wagonnet. Puis à midi la capo sifflait, tout le monde
allait s’aligner près de sa baraque et nous distribuaient notre soupe, nous allions nous allonger sur l’herbe et à une heure la capo donnait le coup de sifflet tout le monde se lever et aller de
nouveau travailler ainsi jusqu’à 5 heures. La capo comme toujours donne son coup de sifflet et toutes les filles du commando allaient s’aligner 5 par 5 et nous retournions au bloc. Le soir était
comme le matin il fallait passer cette maison à coté se trouvait « …… » Qui accompagnait le pas. Puis arrivées devant le bloc, il fallait de
nouveau se mettre 5 par 5 pour l’appel, après l’appel nous recevions le pain, le café puis on rentrait dans les « « evllrue ? » » et allions
nous coucher. Le lendemain à 4 heures du matin, la cloche sonnait, c’était l’heure de se lever, puis quelques unes étaient prises pour aller chercher le café après nous sortions à l’appel et vers
6 h la capo venait de nouveau chercher ses gens, mais comme nous travaillons nous recevions le « « sous bouges ?? » » 2 fois par semaine
c'est-à-dire 1/3 de pain avec un gros morceau de saucisson. 3 6 mois tous les jours sauf le dimanche ou nous allions aux douches le soir, puis nous lavions notre linge, puis nous
profitions pour voir des amis, puis nous allions nous coucher.
Mais cette fois je suis tombée malade et je suis rentré au « « renier ou revier » » j’y suis resté une semaine,
puis l’on m’a envoyé dans un bloc de transport. Jamais je n’ai été accepté pour aucun transport dont la destination était pour l’Allemagne et moi j’aurais tant aimée partir enfin. J’étais
tellement désolée de ne pouvoir partir que je suis rentré au « « renier ou revier » ». Malgré ça j’avais une bronchite c’était le 20 novembre
44 que je suis rentrée, nous avons encore fêté NOEL au « « renier ou revier » », la Saint Silvestre la nouvelle année. Vers le 15 vient dire à tout
le monde Debout, nous nous habillons avec nos habits que nous avons reçu, puis quand tout le monde était sur la route, il dit, celui qui se sent capable de faire 30 à 40 km par jour
(……passage blanc) nous viendrons les chercher en wagon. Les autres retournaient puis il commencent le triage, moi je suis retourné ainsi que beaucoup d’autres, puis il partit
avec les autres à 120 km.
Celles qui sont retournées, il n’est pas revenu les chercher en wagon. Puis quelques jours plus tard on nous annonce l’approche des Russes, déjà les Allemands
s’enfuyaient et tous les gens allèrent dans les baraques des Allemands où ils trouvaient des vins de toute sorte.
Puis deux jours avant l’arrivée des Russes, un boche est allé partout dire tout les Juifs, que s’il trouvait un juif dans un bloc il y mettrait le feu. Mais je
suis vite enfuie dans un bloc vide pour me cacher.
Deuxième message de Paulette Mayer : Copie mot à mot, rien n’est modifié, sans aucune
correction, par simple respect à la mémoire de Paulette Mayer:
(Lettre à une famille de notre village)
Après un an d’emprisonnement dans un camp terrible sans avoir aucune nouvelle de notre chère France nous voici enfin libérée des mains des Allemands qui nous
ont fait terriblement souffrir et travailler à la façon des forçats. Dès notre arrivée j’ai été séparée de toute ma famille je suis restée seule avec ma cousine Alice qui par la suite est partie
en transport. Après de longues heures quelle joie de se sentir libre fini les longs et terribles appels matin et soir par tout les temps. Combien ce sont laisser aller au découragement et sont
mortes ainsi, moi je me disais je veux revoir la France et ceux qui me sont cher.
Je vous espère en bonne santé moi « …. » que un peu affaiblie ma santé est assez bonne.
Transcription du 20 avril 1949